Un éternel FAUCHEUR efface les tableaux noirs des calculateurs
Un éternel FAUCHEUR efface les tableaux noirs des calculateurs
Toujours changeant, toujours le même, Jean Faucheur sème depuis 25 ans une œuvre qui, irréductible à un seul genre, à un seul procédé, ou à une seule manière mène le collectionneur, le critique et l’amateur vers
la constitution d’un goût français dont ils seraient tout autant les héritiers que les auteurs. Figure transitive du champ artistique, Faucheur, comme un passeur, met en relation les générations, provoque les interactions, les rencontres, les découvertes. Depuis bientôt deux ans, commissaire de la galerie à ciel ouvert de la placette Oberkampf, il a pu faire découvrir plus
de quarante artistes urbains, contemporains, en devenir ou confirmés.
Le dernier en date, Jacques Villeglé, s’est rappelé du troisième vers de Tes amants et maîtresses de Robert Desnos. C’est devenu le titre de cette exposition.
Hommage impromptu à Alain Jacquet (décédé le 4 septembre dernier), Un éternel FAUCHEUR efface les tableaux noirs des calculateurs marque l’aboutissement d’une démarche initiée il y a presque dix ans sur des formats plus réduits. Partant de la reproduction numérique, l’artiste décline principalement trois méthodes distinctes : le tressage, la retouche et le collage. Portrait, autoportrait, nature morte ou paysage, les œuvres présentées définissent par la dichotomie de leur composition (original / copie, figuration / défiguration, numérique / analogique) un espace de transition. C’est dans ce lieu imaginaire, aux confins du flou et de la netteté, du caché et du montré, du retiré et du rajouté que le regard trouvera sa juste place, non pas seulement face à l’œuvre mais avec elle, dans son sens.
Thomas “Tom Tom” Schmitt
Qu’est que l’échantillonnisme (à paraître)